Le Moo Hong Som est une délicieuse variante du célèbre Moo Hong de Phuket, un porc braisé thaïlandais longuement mijoté dans une sauce parfumée à l’ail, au poivre et aux épices. Dans cette version revisitée, le tamarin apporte une agréable touche acidulée qui équilibre parfaitement la richesse de la viande et la douceur de la sauce.
Si vous aimez les plats mijotés aux saveurs profondes, les recettes traditionnelles du sud de la Thaïlande et le goût unique du tamarin, cette recette risque fort de devenir l’une de tes préférées.
Ma découverte du Moo Hong à Phuket
J’ai découvert le Moo Hong lors d’un séjour à Phuket, dans le sud de la Thaïlande. J’avais été invitée par un client à passer quelques jours au Marriott de Phuket Town et j’en ai profité pour explorer la vieille ville, connue pour son architecture sino-portugaise, ses marchés et sa gastronomie.

Parmi les spécialités locales incontournables figure justement le Moo Hong, un plat emblématique de la cuisine de Phuket, hérité des influences chinoises qui ont marqué l’histoire de l’île. Je me suis rendue dans un restaurant récompensé d’un Bib Gourmand (One Chun Cafe & Restaurant). Le cadre était sympathique : une ancienne maison de la vieille ville transformée en restaurant.
Un début de repas dont je me souviens encore 


Plein à craquer à mon arrivée, j’ai été placée dans une sorte d’arrière boutique du restaurant qui relie les cuisines à la salle. Affamée et surprise, j’ai hésité à céder ma place et à repartir par où j’étais arrivée, lorsqu’un gros rat bien dégueux s’est mis à courir le long des murs. Si je n’avais pas déjà passé de nombreuses années en Thaïlande, je pense honnêtement que cela m’aurait coupé l’appétit. Mais ma fringale a rapidement repris le dessus et j’ai patiemment attendu qu’une table se libère.
Le Moo Hong traditionnel : délicieux mais très riche
Lorsque le Moo Hong est arrivé à table, je m’attendais à ce que les chaussettes m’en tombent, vu le succès du restaurant et sa recommandation Michelin… j’avais pas de chaussettes mais si j’en avais eu, je ne les aurais pas perdues. Pour être totalement honnête, je n’ai pas de point de comparaison, c’est la seule et unique fois que j’ai mangé ce plat. Je l’ai trouvé un (gros) poil trop sucré et la viande, que j’attendais fondante à souhait, était trop filandreuse. Par contre, la sauce est riche, parfumée, et les arômes de poivre, d’ail et d’épices chinoises particulièrement séduisants. Même si j’ai ADORÉ la saveur et le piquant du poivre, la poitrine de porc très grasse et la sauce particulièrement douce, m’ont rapidement écoeurée, me laissant repartir avec un sentiment mitigé.
Qu’est-ce que le Moo Hong Som ?
Puis un soir, en regardant une émission thaïlandaise de cuisine — je crois qu’il s’agissait de Restaurant War Thailand — une candidate originaire de Pheng Nga a préparé un Moo Hong Som. Le principe était simple : enrichir et équilibrer la sauce avec du tamarin (som signifie « acide » ou « acidulé » en thaï). Son acidité naturelle apporte de la fraîcheur et de la complexité aux plats mijotés, aux sauces et aux salades.
Et là, mon cerveau est immédiatement passé en mode recette 🧠 =>
+ le Moo Hong m’interpelle
+ J’adoooooore le tamarin
= le mariage des deux ne peut qu’être qu’une réussite !! JACKPOT!!

Il faut dire que le tamarin fait partie de mes ingrédients préférés depuis longtemps. À tel point que j’ai même eu l’occasion, avec Patrick Cadour, de lui consacrer un livre, Le tamarin, 10 façons de le préparer. Alors forcément, lorsqu’une recette thaïlandaise promet d’associer un porc braisé fondant à l’acidité fruitée du tamarin, il est impératif de s’y essayer. Cette petite touche acidulée transforme complètement le caractère du plat sans lui faire perdre son identité.
Une version plus légère avec de l’épaule de porc
J’en ai profité pour remplacer la poitrine de porc traditionnelle par du Boston Butt, un morceau issu de l’épaule de porc. Après plusieurs heures de cuisson (ou 40 minutes en cocotte minute), la viande devient tout aussi fondante, mais avec beaucoup moins de gras. Bien entendu, si tu souhaites réaliser une version plus proche du Moo Hong traditionnel de Phuket, tu peux parfaitement utiliser de la poitrine de porc.
Un porc braisé thaïlandais parfumé et réconfortant
Cette recette de porc braisé thaï au tamarin conserve tout ce qui fait le charme du Moo Hong de Phuket : une sauce sombre et brillante, des saveurs profondes, une viande ultra tendre et un parfum irrésistible de poivre, d’épices et d’ail. Mais elle y ajoute cette petite note acidulée qui fait toute la différence. Le résultat est un plat généreux, réconfortant et parfumé, qui s’accompagne parfaitement d’un simple riz jasmin vapeur.

Les ingrédients qui font toute la personnalité du Moo Hong Som
Comme beaucoup de recettes thaïlandaises, le Moo Hong Som repose sur quelques ingrédients simples mais particulièrement parfumés. Chacun apporte sa contribution à l’équilibre du plat et participe à cette combinaison de saveurs si caractéristique de la cuisine du sud de la Thaïlande.

- Les racines de coriandre
Plus parfumées que les feuilles, elles possèdent une saveur plus profonde et légèrement terreuse. Dans le Moo Hong Som, elles apportent une base aromatique discrète mais essentielle, qui donne de la profondeur à la sauce. Si tu n’en trouves pas (normalement elles sont vendues en épiceries asiatiques), tu peux aussi utiliser les tiges de coriandre fraîches sans les feuilles. - Le poivre noir écrasé/concassé
Le poivre joue un rôle central dans cette recette. Bien avant l’arrivée des piments dans la cuisine thaïlandaise, le poivre était déjà utilisé pour relever les plats. Ici, il apporte une chaleur douce et parfumée qui équilibre parfaitement la richesse de la viande. Je te recommande du poivre noir fraîchement concassé. C’est d’ailleurs cette présence généreuse du poivre qui distingue le Moo Hong de nombreux autres plats mijotés thaïlandais. - Le sucre de palme ou le sucre de coco
La cuisine thaïlandaise utilise traditionnellement du sucre de palme, obtenu à partir de la sève de différents palmiers. Son goût est moins agressif que celui du sucre blanc et développe de légères notes de caramel, de miel et parfois même de fruits secs. Le sucre de coco constitue une excellente alternative et se trouve souvent plus facilement hors de Thaïlande. Ils apportent de la rondeur et permettent d’équilibrer l’acidité du tamarin et la puissance du poivre. - La sauce soja foncée
La sauce soja foncée parfois appelée sauce soja noire est un ingrédient très utilisé dans les plats mijotés sino-thaïs. Plus épaisse et moins salée que la sauce soja classique, elle apporte une belle couleur brun foncé à la sauce. Pour plus d’explications et des infos sur les marques des sauces que j’utilise, tu peux jeter un oeil ici: Les ingrédients indispensables de la cuisine thaïlandaise : sauces, condiments et épices - Le tamarin : l’ingrédient qui change tout ! Le tamarin est obtenu à partir de la pulpe d’un fruit tropical dont la saveur unique oscille entre l’acidité, la douceur et de légères notes fruitées. On le retrouve dans de nombreuses spécialités thaïlandaises comme le Pad Thaï, certaines soupes ou encore de nombreuses sauces. Son acidité équilibre la richesse de la viande et la douceur du sucre de palme, tout en donnant à la sauce une profondeur supplémentaire. C’est THE truc en plus qui fait qu’on arrive pas à s’arrêter de manger ce plat de dingue !
Tuto pour préparer le concentré de tamarin maison: ici
Envie d’aller plus loin avec le tamarin ?
Si tu apprécies les saveurs acidulées et complexes du tamarin, sache que j’ai co-écrit un petit ouvrage intitulé Le tamarin, 10 façons de le préparer. Tu y découvriras une sélection de recettes qui mettent en valeur son goût unique. Après tout, lorsqu’on commence à cuisiner avec le tamarin, il est souvent difficile de s’arrêter !
Peut-on préparer le Moo Hong Som à l’avance ?
Oui, et c’est même l’une des grandes qualités de ce porc braisé thaï au tamarin. Comme de nombreux plats mijotés, le Moo Hong Som est souvent encore meilleur le lendemain de sa préparation. Une nuit au réfrigérateur permet aux saveurs de se développer davantage et à la viande de s’imprégner encore plus profondément de la sauce. Le Moo Hong Som se conserve facilement 3 à 4 jours au réfrigérateur dans une boîte hermétique. Il supporte également très bien la congélation, ce qui en fait une excellente recette à préparer en grande quantité.
Si la sauce épaissit trop après refroidissement, ajoute simplement un petit peu d’eau lors du réchauffage.
Quel morceau de porc choisir pour réussir un Moo Hong Som ?
La version traditionnelle du Moo Hong de Phuket est généralement préparée avec de la poitrine de porc. Ce morceau apporte beaucoup de richesse et donne une texture particulièrement fondante après plusieurs heures de cuisson. Pour cette recette, j’ai préféré utiliser du Boston Butt, également appelé épaule de porc ou palette de porc selon les pays. C’est un morceau légèrement plus maigre, mais qui reste très persillé et devient incroyablement tendre lorsqu’il mijote lentement.
À mon goût, l’épaule de porc offre un meilleur équilibre avec la sauce au tamarin. Le plat conserve tout son caractère gourmand tout en étant moins gras et plus agréable à déguster en grande quantité. Dans tous les cas, privilégie un morceau adapté aux cuissons longues. C’est ce qui permettra d’obtenir cette texture ultra fondante qui fait tout le charme du Moo Hong Som.
Allez, on s’y met ?
D’autres recettes de viande braisée




Moo Hong Som : le porc braisé de Phuket revisité au tamarin
Ingrédients
Pour la pâte aromatique :
- 5 gousses d'ail
- 3 racines de coriandre
- 1 c. à soupe de poivre noir en grains
- 1/2 c. à café de sel
Pour le plat :
- 700 grammes de porc à mijoter en morceaux de 3-4 cm poitrine, épaule ou échine (voir les remarques ci-dessus)
- 1 c. à soupe de sauce soja
- 1.5 c. à soupe de sauce soja foncée (sauce soja noire)
- 1 c. à soupe de sauce soja sucrée (facultatif)
- 3 c. à soupe de sucre de coco un peu moins si tu utilises de la cassonade
- 4 étoiles d'anis étoilé (badiane)
- 1 bâton de cannelle
- 4 c. à soupe de concentré de tamarin
- huile pour la cuisson
- quelques feuilles de coriandre pour la ganiture
Instructions
Pâte aromatique :
- Dans un mortier, concasse grossièrement les grains de poivre. Ajoute le sel, l'ail et les racines de coriandre. Pile pour obtenir une pâte grossière. (Tu peux utiliser un blender à défaut)

Marinade :
- Mélange la pâte aromatique avec les sauces soja, et mélange aux cubes de viande. Laisse mariner 30 minutes.

Cuisson :
- Dans une cocotte, fais dorer, par portions, les morceaux de viande marinés. Dégraisse la cocotte, place-y la viande et ajoute juste assez d'eau pour couvrir la viande. Ajoute le sucre et les épices (anis étoilé, cannelle et tamarin).
- Si tu cuis dans une marmite à vapeur, compte 40 minutes de cuisson. En cocotte – cuisson normale – laisse mijoter 1h30 à 2h à couvert, jusqu'à ce que la viande soit fondante.
- En fin de cuisson, retire la viande et augmente le feu pour faire épaissir la sauce. Laisse cuire à gros bouillons jusqu'à ce que la sauce soit bien nappante et épaisse. Remets-y la viande. Rectifie l'assaisonnement en ajoutant du sel, du sucre ou du tamarin pour avoir un plat bien équilibré.

- Sers ce moo hong som bien chaud avec du riz parfumé.


